Présentation

Présentation

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Pour tous ceux qui aiment lire...
Pour tous ceux qui aiment écrire ...
Pour ceux qui aiment être eux-mêmes...

Je n'ai pas la prétention d'être écrivain, mais écrire fait partie de moi. Je vous offre cette histoire en espérant qu'elle vous plaira.
Si vous voulez la suite, faites le moi savoir ^^

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Pour plus d'informations sur les personnages
et le monde qui naît sous vos yeux, c'est
Ici

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Pour ceux que ça intéresse:
mon blog perso >> tizzounette.skyrock.com


# Posté le vendredi 10 octobre 2008 04:29

Modifié le mercredi 27 mai 2009 10:38

Sommaire

Jet de mots salvateurs offerts en partage,
Liberté absolue de celui qui écrit,
Délivrance...

Voila qui devrait vous faciliter la tâche :)

Mes nouvelles :
- Ce petit rien qui fait la différence ici
- Et si...? ici
- L'Adieu ici
- Un bruit dans le noir ici


Mon histoire :
Exploits, rêves et victoires (=P) ici puis les articles suivants ^^
[Actu ] Suite des aventures d'Anaïs, Alexis, Coralie et leurs amis ici

Ma liste de livres : ici

# Posté le mercredi 27 mai 2009 11:24

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 08:54

Ce petit rien qui fait la différence

Ce petit rien qui fait la différence
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C'est jour de marché aujourd'hui à Montmerrand.
Paul, perdu au milieu d'une foule de jambes maigres, grosses, rouges, jaunes, bleues, pressées ou juste arrêtées un court instant près d'un étal, cherche sa maman. Paul tient dans sa main le sachet qu'il a trouvé, abandonné par terre au milieu des piétinements, comme lui. Dans le sachet, des fruits, des légumes, et aussi un gant.
Ce gant, Paul le connaît par c½ur.
Les quatre doigts élancés de la couleur d'une prune bien mûre, et le pouce, avec ce petit trou en forme de c½ur qui, dans son souvenir, à toujours été imprimé dans le tissu soyeux. Ce gant, il a redonné espoir à Paul, car c'est le gant de sa maman. C'est ce pouce que Paul serrait très fort dans sa menotte charnue, ce tissu qu'il caressait tendrement ... avant de perdre de vue sa maman, son seul repère, sa bouée de sauvetage dans cette mer agitée qui le bouscule de tous côtés.

Maintenant, Paul cherche sa maman.
Il tente quelques pas, trébuche, se rattrape au manteau long d'un grand monsieur très mince, se sent emporté par la marée humaine qui se dirige au mieux vers les étals du marché en pagaille. Paul tombe, Paul pleure, mais personne ne voit Paul.
A quatre pattes par terre, comme un gros bébé lui aurait dit son grand frère pour le taquiner, Paul ne sait plus où aller. Il avance à droite, à gauche, rebrousse chemin pour éviter les talons d'une dame élégante, fait obstacle à un lourd homme d'affaire et, enfin, finit à l'air libre.

Paul s'assoit. Il sait qu'ici, il est en sécurité. Il sait que la foule ne s'aventure jamais ici.
Ici, c'est l'étal du grand Paolo, qui vend tout ce qu'il peut trouver comme babioles dans la vieille et sombre demeure qu'il à reçu en héritage de son grand oncle Roger, et qu'il ne peut même pas habiter parce qu'il n'a pas de sous pour la réparer. Paul lève les yeux, et croise un instant le regard de Paolo.

Paul n'a pas peur, il sait qu'il ne risque pas d'être vu, personne ne le voit jamais, lui, il est trop insignifiant.
Mais le grand Paolo, il est pas comme les autres.
Le grand Paolo, il sait ce que ça fait d'être ignoré de tout le monde. Le grand Paolo, il voit tout le monde, ceux qui le regardent avec dégout, avec pitié, ceux qui lui lancent une pièce pour apaiser leur bonne conscience, ceux qui l'évitent aussi, et ceux qui ont besoin d'aide. Comme Paul.
Alors, le grand Paolo, il prend le petit Paul dans ses bras et lui dit :

- Salut toi !
- Bonjour Monsieur.
- Monsieur ? Haha mais Paul, j'ai l'âge de ton frère, pas de ton grand père !
- Tu connais mon nom ?
- Bien sur que je connais ton nom, je te vois tous les mardis ici. Les autres n'osent pas me regarder mais toi et ta maman, vous passez souvent m'acheter quelque chose, et tu me souris toujours en te cachant timidement derrière l'étal quand je te tends le sachet.
- Oui, mais les autres marchands, eux, ils ne savent même pas que j'existe. Maman dit que je suis trop petit pour qu'ils fassent attention à moi, et qu'il faut attendre que ma tirelire soit plus remplie si je veux les intéresser ...
- Haha, elle a raison, ta maman, ils ne s'intéressent qu'à ton argent.
- Mais moi, j'ai pas d'argent ...
- Mais ce n'est pas grave Paul, ta maman t'en donnera quand tu en auras besoin.
- Oui, mais ... je l'ai perdue ...
- Tu as perdu l'argent qu'elle t'a donné ?
- Mais non, j'ai perdu ... ma maman ...
- Oh ! Mais ce n'est pas grave Paul, ne pleure pas. Tu sais, on va la retrouver, ta maman.
- Je l'ai cherché ... mais je suis trop petit, elle ne me voit pas.
- Mais moi je suis grand, Paul, et je vais t'aider ! Regarde je vais monter sur cette chaise – toi, tu surveilles mon étal – je pourrais voir tout le marché d'ici.
- Alors, tu la vois ? Lança le petit Paul, les yeux levés vers le grand Paolo.

Le grand Paolo, il est tellement grand qu'il peut voir tout le monde, du haut de sa chaise.
Alors, il prend le petit Paul dans ses bras et le pose délicatement sur ses hautes épaules.

- Ooh !
- Ouvres grand les yeux, mon petit. Tu la vois, ta maman ?

Pour une fois, Paul ne voyait plus les jambes maigres, grosses ou de n'importe qu'elle couleur. Maintenant, Paul voyait des chapeaux, des parapluies, des cheveux blonds, bruns, roux. Et, juste à côté de lui, la capuche rouge de sa maman.

- Maman !
- Oh ! Mon Paul, tu es là ! J'ai eu si peur !

Alors, le grand Paolo, il dépose le petit Paul par terre, à côté des jambes de sa maman.
Et le petit Paul, il ne voit plus que les jambes du grand Paolo.
Le petit Paul, il a compris que le grand Paolo, il était comme lui.
Personne ne le voit, parce qu'il est trop grand ou trop maigre, parce qu'il est trop pauvre ou trop sale, parce qu'il est trop gentil ou trop timide. Parce qu'il est différent.
Et pourtant, c'est le grand Paolo qui a aidé Paul. Alors ?

Paul sait maintenant que ce n'est pas parce qu'on est différent qu'on est moins gentil, moins drôle, moins digne d'attention. Paul sait que les gens qui n'osent pas regarder les différences ou qui les regardent mal, eux, sont indifférents à tout et qu'ils ne savent pas s'entraider. Qu'ils sont égoïstes de vouloir garder leur monde uniquement pour des gens comme eux, des gens bien comme il faut.
Mais Paul, lui, il n'aime pas les gens trop parfait, trop pareils, trop égaux.
Paul, lui, il aime Paolo, parce que Paolo est différent.
Parce que nous sommes tous différents.

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# Posté le mercredi 27 mai 2009 11:38

Modifié le jeudi 28 mai 2009 11:45

Et si...?

 Et si...?
***

- Lena, tu dors ?
- Non ...
- Ah ...
- Et toi, tu dors ?
- ... J'ai peur, Lena.
- Je sais. On a tous peur.
- Mais pourquoi on ne s'enfuit pas ?
- S'enfuir ? Et pour aller où ? Dans une autre ville, un autre pays ? Mais là-bas aussi nous serions différentes ! Là-bas aussi, ils nous traqueraient ! Là-bas, ils nous tueraient !
- Mais ici, ils nous empêchent de vivre ! J'ai tellement peur ...
- Je sais. On a tous peur. Mais on vit. Peut-être qu'un jour ils oublieront, peut-être qu'un jour ils rangeront leur haine au fond d'un tiroir. Peut-être qu'un jour, pendant une seconde, un mois ou une année, ils nous laisseront vivre.
- Dis, c'est ce jour que papa attend près de la porte avec un fusil ?
- Non, Nena. Ce qu'il attend, c'est la mort. Papa, il n'a plus le courage d'attendre. Papa, il nous l'a dit : un jour viendra où nous serons heureuse. Seulement, pour cela, il faut le laisser veiller sur nous. Pour cela, il faut le laisser attendre la mort, et fuir quand elle viendra.
- J'ai peur, Lena.
- ...
- Lena ?
- Ne pleures pas, Nena. Un jour viendra où ils nous laisseront être heureuses.
- Mais Lena, comment on fera sans papa ?
- On priera.
- On priera ?
- On priera notre Dieu, celui qui nous envoie tant de malheurs, d'oublier nos erreurs et de nous laisser en paix. On priera notre Dieu, celui qui laisse mourir papa, de nous laisser vivre nous. On priera aussi leur Dieu, à eux, celui pour qui ils commettent tant de crimes, de ne plus les laisser nous faire ça.
- Mais leur Dieu, il n'existe pas hein Lena ?
- Non, il n'existe pas.
- Alors, pourquoi ils nous tuent ?
- Parce qu'ils croient qu'il existe.
- Mais, si eux ils ont le droit de croire que leur Dieu existe, pourquoi nous on n'a pas le droit ?
- Je ne sais pas, Nena. Parce qu'ils sont plus forts, surement.
- Mais ... C'est pas juste, Lena ...
- Non, ce n'est pas juste.
- ...
Peut-être que notre Dieu n'existe pas non plus alors.
- Si, il existe.
- Mais alors, pourquoi il les laisse nous faire ça ?
- Parce que c'est une épreuve. Si nous croyons en lui jusque dans la mort, il nous sauvera.
- Mais nous, nous souffrons !
- Je sais, Nena.
- Alors, les Dieux, c'est cruel ?
- Je ne sais pas, Nena.
- Mais, s'il n'y avait pas de Dieux, les autres ne nous feraient pas ça ?
- Non, ils ne nous feraient pas ça.
- Alors, pourquoi ça existe les Dieux ?
- Pour nous apprendre l'amour des autres.
- C'est ça, l'amour ?
- Non, ce n'est pas ça l'amour.
- Alors, il est raté, leur enseignement ?
- Je crois, Nena.
- Ah ...
- Mais ils recommencent.
- Ils recommencent ?
- Oui, jusqu'à ce que chacun ait reçu un peu d'amour.
- T'en a reçu toi, de l'amour ?
- Oui, bien sur. Et toi aussi Nena.
- C'est vrai ? Alors pourquoi les Dieux ne nous laissent pas tranquilles maintenant ?
- Je ne sais pas, Nena. Peut-être parce qu'ils attendent que nous transmettions leur enseignement à d'autres.
- A d'autres ? A qui ?
- Mais à tout le monde Nena.
- Même à ceux qui nous font du mal ?
- Oui, Nena.
- Alors papa, avant de mourir, il leur enseignera l'amour ?
- Oh, non Nena !
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'ils sont méchants. Ils n'entendent pas notre enseignement.
- Mais le jour qu'on attend, c'est le jour de l'amour ?
- Oui, Nena.
- Ce jour là, les Dieux nous laisseront en paix ?
- Je ne sais pas, Nena.
- Mais ...
- Après, les Dieux seront gentils avec nous Nena.
- Ah bon ?
- Oui.
- Pourquoi ils ne sont pas gentils tout de suite ?
- Je ne sais pas.
- ...

- Nena ?
- J'aime pas les Dieux, Lena. Ils me font peur.
- Je sais. On a tous peur ...
- Alors, pourquoi on n'arrête pas d'y croire ?
- Je ne sais pas. Parce qu'on n'ose pas dire qu'on a peur. Parce qu'on n'ose pas sortir et avouer que cette guerre, elle sert à rien. Parce qu'on a peur ...
- Et si on sortait, nous, Lena ?
- ...

Avril 44
Ce matin, deux fillettes sont sorties d'une des maisons qu'on surveillait. Elles avaient un drapeau blanc, certainement fabriqué avec leurs draps. J'ai averti le général. Elles avaient l'étoile cousue sur leurs habits. Deux coups de feu.
Ce matin, deux corps de plus viennent s'entasser sur le bucher. Deux corps offerts à qui ? A un Dieu qui nous prêche la bonté mais qui nous laisse tuer des innocents. Ces fillettes avaient tant souffert. Elles s'étaient posé beaucoup de questions. Elles avaient tout compris.
Demain, mon service est fini. Demain, je pourrai rentrer chez moi, retrouver ma femme et mes deux filles. Mais finalement, demain, je vais me réengager. Qui sait, peut-être que mon général me reverra, un fusil à la main, le visage recouvert de boue. Peut-être que nous combattrons à nouveau pour ce en quoi nous croyons. Peut-être qu'il haussera ses gros sourcils noirs, et qu'il esquissera une mimique surprise quand il me reverra sur le champ de bataille ... dans le camp ennemi ...


***

# Posté le jeudi 28 mai 2009 11:36

L'Adieu

L'Adieu
- Marine ?
- ...
- Ma chérie, je t'ai déposé un plateau sur la chaise, si tu as faim.
- ...
- Je t'aime mon ange. A tout à l'heure.
- ...

Silence. Le calme plat. Si je n'ai pas répondu, ce n'était pas par colère ou par peur. C'était juste pour ne pas briser ce silence, ne pas fendre mon armure. J'aurais voulu le lui dire, mais il aurait alors fallu sortir de mon mutisme, de ce calme qui m'entoure et avec lequel je me suis bâti un rempart. Ce calme qui m'empêche de penser, qui m'empêche de pleurer. Ce calme qui m'empêche de souffrir.
Il fait noir, encore une autre protection de mon esprit. Le noir entoure tout objet de la pièce, le revêt d'une étoffe épaisse et sombre pour me le cacher au mieux.

Mais qu'y aurait-il à voir, sinon le vide ? Le vide creusé par l'absence ... L'absence de couleurs sur les pétales de mon bouquet, fané et abandonné depuis l'Accident. L'absence de tout le fatras, qui fut la cause de tant de disputes avec ma s½ur, de réconciliations, aussi, et Dieu sait que je me damnerais pour revoir tous ses habits jetés pêle-mêle sur le sol. L'absence de joie, de vie presque, sur le visage qui se reflète dans le miroir. Sur mon visage. Même dans le noir, je distingue une forme blême, percée par deux yeux au regard de jais, ces yeux dont les jumeaux me plaisaient tant quand je les voyais sur Son visage. Le regard de jais, je l'ai imaginé, bien sur. Car maintenant, ce sont deux orbites vides, dénués de tous sentiments, deux trous béants qui s'ouvrent sur mon esprit, et qui ne me servent plus qu'à verser des larmes inutiles.
Sur mes genoux, une photo. J'ai l'impression que seule cette photo me rattache à la vie. Elle est ma bouée, mais aussi ma chaîne. Oh, combien j'aimerais me laisser glisser dans ce vide, cesser de lutter, partir et oublier, tout oublier...
Sur la photo, quatre visages souriants. Cette photo, elle a cessé d'exister, elle aussi, et pourtant je ne peux m'empêcher de la voir tourner dans ma tête, une photo, quatre visages, une famille, deux s½urs ... deux s½urs !
Ma s½ur, Mélie, c'était ma meilleure amie, ma confidente, et pourtant jamais je ne me suis autant disputée qu'avec elle. Jusqu'au jour de l'Accident. Jusqu'au jour où je l'ai tuée. Je nous revois encore ...

22h30 :
Deux filles, l'une en robe du soir, une robe parfaite comme le disait Mélie, et qui m'allait, il est vrai, parfaitement. L'autre était plus simple, mais non moins jolie. Un drapé noir, large et souple, et le châle argenté sur son décolleté qui soulignait à la perfection ses formes avantageuses. J'observais ce tissu soyeux, les chaussures argentées, assorties au châle, et qui brillaient à chaque pas qu'elle faisait devant moi. Son sourire quand elle se retournait vers moi avec un gloussement moqueur qui me mettait au défi de continuer, de la suivre, de la dépasser même, mais j'étais à bout de forces, et je préférais rester derrière, dans son ombre bienveillante, protectrice. Jusque là, tout va bien. Ce qui cloche, ce sont juste les voitures, ces tas de voitures, qui roulent, qui roulent. A 110, 130 km/h. A côté de nous. Sur l'autoroute. Ce qui cloche, ce sont les klaxons et les appels de phares. Ce qui cloche, ce sont les pneus qui crissent quand elle se jette au milieu de la voie, puis quand je la rejoins. Puis quand elle s'élance pour passer sur l'autre voie. Et mon cri quand on se rend compte qu'elle n'aura pas le temps de traverser avant que la Mercedes noire n'arrive. Et son hurlement quand elle la heurte de plein fouet. Et puis le silence ...


Ce que nous faisions sur l'autoroute à dix heures du soir ? Bonne question. Ça, je l'ai oublié. Ou je ne veux pas m'en souvenir, ce qui, d'un point de vue purement technique, revient exactement au même... On y était, point barre. Elle y est morte. J'étais là. Je n'ai pas pu la sauver. Je ne peux plus rien faire.
Ces phrases, qu'on me répète sans arrêt pour me consoler, m'ôter cette culpabilité dévorante, me faire revivre, n'ont pas l'effet escompté sur moi. Ces phrases me pointent du doigt, m'accusent et me jugent sans pitié.
Tout tourne dans ma tête. Je suis debout, sur mon appui de fenêtre. Est-ce qu'ils me voient, tous ces gens en bas, les pompiers et les aides soignants, le médecin et le psychologue, tous venus prévenir la famille de la victime. Tant pis, qu'ils me voient, qu'ils ne me voient pas. Peu importe. C'est comme si je n'étais déjà plus là. C'est comme si nous étions déjà réunies. Mélie. Ma s½ur. J'arrive ...

# Posté le jeudi 28 mai 2009 11:48